Au Chili, un nouveau téléscope qui remonte aux origines des planètes

Le nouvel instrument en cours d’installation au Very Large Telescope, au Chili étudiera les conditions de formation des systèmes planétaires.

Il s’appelle Matisse. Il est niché sous terre, au cœur des montagnes chiliennes du désert d’Atacama (Chili). L’air y est le plus sec du monde, faisant de chaque nuit une opportunité de voir le ciel austral. Matisse ne dort pas, il est en pleine phase de tests. Il pèse trois tonnes et la grande boîte qui l’abrite est transparente, offrant à la vue de celui qui s’aventure dans les souterrains 20 m3 de prouesses scientifiques. Derrière les parois en verre, miroirs et moteurs s’enchevêtrent sur une table optique. Plus de 10 000 éléments confectionnés, assemblés et alignés au millionième de mètre près, fonctionnent dans l’obscurité.

Au-dessus de Matisse, comme installés sur son toit, quatre mastodontes d’acier et de verre aux allures d’immeubles répondent à des noms évocateurs en mapudungun, la langue du peuple indigène ­mapuche : Antu (Soleil), Kueyen (Lune), Melipal (Croix du Sud) et Yepun (Vénus). Sur cette plate-forme à 2 600 mètres d’altitude, ces quatre gigantesques unit telescopes (UT) de 430 tonnes chacun composent le cœur du VLT, le Very Large Telescope, l’un des principaux instruments gérés par l’Observatoire européen austral (ESO), qui associe quinze pays du Vieux Continent. La lumière des étoiles se concentre dans ces immenses entonnoirs, pour ­finir dans les entrailles de Matisse, sous terre.

Ce nouvel instrument français, abréviation de « Multi AperTure mid-Infrared SpectroScopic ­Experiment », fruit de dix ans de travail entre ­plusieurs instituts européens, va décupler les ­potentialités du VLT. Bruno Lopez, astronome à l’Observatoire de Nice et responsable scientifique de Matisse, espère qu’il permettra de comprendre comment se forment les planètes : « La question de l’origine du système solaire est ancienne : elle ­fascinait Descartes, Kant, Laplace. Nous espérons pouvoir y répondre ».

Pour saisir comment fonctionnera Matisse, il faut suivre Nicolas Schuhler, ingénieur français qui ­arpente…

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